La demande de repas biologiques grimpe partout, et certaines structures doivent réagir vite pour suivre le rythme. À Bressuire, un site de production connu des cantines bio fait face à une hausse continue des commandes. Résultat : un projet d’agrandissement devient indispensable pour continuer à servir des menus locaux et de saison. Voici ce qui change.
Une coopérative qui grandit pour répondre à la demande
Depuis plusieurs années, Mangeons bio ensemble, une SCIC créée en 2011, connaît une progression régulière. Cette structure fédère 74 producteurs de l’ex-Poitou-Charentes. Ils sont répartis équitablement entre la Charente, la Charente-Maritime, la Vienne et les Deux-Sèvres.
L’évolution est nette. En sept ans, l’équipe est passée de 4 à 10 salariés. Ce rythme soutenu reflète l’augmentation des volumes traités chaque année.
Un entrepôt qui atteint ses limites
Le site actuel, situé boulevard de Poitiers à Bressuire, joue un rôle clé. C’est la plateforme administrative et logistique de la coopérative. L’espace total représente 500 m², dont 350 m² dédiés au stockage. Aujourd’hui, cet espace devient insuffisant.
En 2025, ce site a fait transiter 639 tonnes de marchandises. Cela représente 70 tonnes de plus qu’en 2024. Une hausse marquée, comme le souligne Cécile Remeau, directrice générale. Selon elle, cette dynamique provient à la fois de nouveaux marchés et de volumes plus importants chez les clients déjà partenaires.
Des produits variés pour des menus complets
Les trois-quarts des expéditions proviennent directement des 74 producteurs locaux. Les produits sont variés et couvrent l’essentiel des besoins des restaurants municipaux :
- Épicerie : pâtes, farine, lentilles
- Viandes : bœuf, veau, porc, volaille
- Produits laitiers : lait UHT, yaourts
- Fruits et légumes
- Produits complémentaires : couscous, huile d’olive, riz, sucre
Cette diversité permet à la coopérative de se positionner comme un interlocuteur unique pour les services de restauration. Les équipes peuvent ainsi composer des menus bio de A à Z, sans multiplier les fournisseurs.
Les cantines municipales : un moteur essentiel
La coopérative compte environ 250 clients. La majorité d’entre eux sont des services de restauration municipaux. Ce sont aussi ceux qui ont le plus renforcé leurs commandes en bio. Les élus locaux prennent de plus en plus à cœur ce sujet, notamment pour proposer aux enfants une alimentation plus saine et plus locale.
Ce mouvement reste pourtant contrasté. Certains territoires affichent encore des niveaux bas, parfois autour de 5 % à 6 % de bio dans les menus. Cela crée un fort écart entre les collectivités très engagées et celles qui avancent plus lentement.
Un agrandissement devenu incontournable
Face au manque de place, la direction confirme qu’un projet d’extension est désormais à l’étude. Le site s’est déjà transformé depuis son installation à Bressuire en 2019. Mais la hausse continue des volumes exige une nouvelle étape.
Pour Cécile Remeau, l’enjeu est clair : sécuriser la capacité d’accueil des produits, améliorer la circulation dans l’entrepôt et garantir un service fluide pour les cantines qui augmentent leurs commandes.
Un signe fort pour l’agriculture bio locale
L’agrandissement envisagé n’est pas qu’une réponse à une croissance logistique. C’est aussi un signal positif envoyé aux producteurs bio de la région. À un moment où la filière traverse des fluctuations, certains acteurs, comme Agrobio 79, appellent d’ailleurs les élus à s’engager davantage pour soutenir le secteur.
En consolidant son outil de travail, Mangeons bio ensemble renforce sa mission : rapprocher les producteurs et les collectivités, et faciliter l’accès au bio local dans les assiettes des enfants.
Dans un contexte où les attentes évoluent, ce projet montre qu’une organisation collective peut s’adapter et continuer d’avancer. Et pour les cantines de l’ex-Poitou-Charentes, cela signifie une chose simple : plus de bio, plus de local, et plus de régularité.

