Difficile d’ignorer une étude de cette ampleur. Suivre près de 2 millions de personnes pendant 27 ans pour comprendre l’impact du régime alimentaire sur le risque de cancer, cela attire l’attention. Les résultats, publiés dans le British Journal of Cancer, éclairent des tendances qui intéressent chacun d’entre nous.
Une étude hors norme pour comprendre le lien entre alimentation et cancer
Les chercheurs ont réuni et analysé neuf grandes études prospectives de cohorte. Au total, plus de 1,8 million de personnes ont été suivies entre 6 et 27 ans. L’objectif était d’observer l’apparition de 17 types de cancers en fonction du régime alimentaire adopté.
Pour comparer les habitudes, les participants ont été classés en cinq groupes :
- Consommateurs de viande (viande rouge ou transformée)
- Consommateurs de volaille (poulet et dinde uniquement)
- Pesco-végétariens (poisson uniquement)
- Végétariens (sans viande ni poisson, mais avec produits laitiers et/ou œufs)
- Végétaliens (aucun produit d’origine animale)
Les analyses ont été ajustées selon des facteurs de risque établis : tabac, alcool, activité physique, IMC, diabète, ainsi que l’usage d’hormones et les antécédents obstétricaux chez les femmes.
Quels régimes réduisent le plus le risque de cancer ?
Les résultats montrent que tous les régimes ne se valent pas. Les tendances sont claires.
Les végétariens : la baisse de risque la plus marquée
Comparés aux grands consommateurs de viande, les végétariens présentent une réduction notable pour plusieurs cancers :
- -21 % de risque de cancer du pancréas
- -9 % pour le cancer du sein
- -12 % pour le cancer de la prostate
- -28 % pour le cancer du rein
- -31 % pour le myélome multiple
Un point de vigilance demeure : un risque plus élevé de carcinome épidermoïde de l’œsophage a été observé.
Les pesco-végétariens et les consommateurs de volaille
Leur réduction de risque est plus modérée, mais elle existe. Remplacer la viande rouge par du poisson semble réduire le risque de cancers colorectal, du sein et du rein.
Le choix de la volaille plutôt que la viande rouge ou transformée pourrait également diminuer le risque de cancer de la prostate.
Les végétaliens : un point de vigilance sur le calcium
Les végétaliens affichent un risque légèrement plus élevé de cancer colorectal. Les chercheurs l’attribuent probablement à un faible apport en calcium. Un apport suffisant est donc essentiel, via des laits végétaux enrichis, des amandes ou encore des légumes verts à feuilles.
Que retenir pour votre alimentation au quotidien ?
Les chercheurs restent prudents car l’étude présente des limites, notamment le caractère déclaratif de l’alimentation et l’absence de réévaluation au fil du temps. Malgré cela, une conclusion ressort : de petits ajustements alimentaires peuvent déjà réduire le risque de cancer.
Voici les pistes les plus simples à appliquer :
- Remplacer une partie de la viande par du poisson
- Privilégier la volaille plutôt que la viande rouge ou transformée
- Augmenter votre part de fruits et légumes pour les fibres, la vitamine C et les caroténoïdes
- Veiller à un apport suffisant en calcium si vous êtes végétalien
Ces changements ne transforment pas seulement votre assiette. Ils influencent directement des mécanismes biologiques liés à la prévention des cancers. Même sans devenir strictement végétarien, vous pouvez renforcer votre protection en adaptant progressivement votre quotidien.

